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A 82 ans, bloqués depuis 75 jours au 6e étage sans ascenseur
(déposée le 16/03/2011)

Raphaël Grau est fier de son appartement. Légitimement. Cela fait onze ans qu'il loue ce F5 de 140 m2 au troisième étage d'un immeuble haussmanien, boulevard Raimbaldi à Nice.

« Je suis à dix mètres du tram, précise-t-il. Avec tous les commerces en bas de chez moi ! »

 

Raphaël Grau est fier de son appartement. Légitimement. Cela fait onze ans qu'il loue ce F5 de 140 m2 au troisième étage d'un immeuble haussmanien, boulevard Raimbaldi.« Je suis à dix mètres du tram, précise-t-il. Avec tous les commerces en bas de chez moi ! »

Le paradis. Sauf que...

Sauf que Raphaël Grau a 82 ans. Qu'il est cardiaque. Que sa santé lui impose d'être dialysé un jour sur deux. Et que, depuis le 31 décembre dernier, il ne peut plus utiliser l'unique ascenseur de l'immeuble.

L'appareil, pourtant, fonctionne parfaitement. Mais il est visé par la loi Robien de 2003, qui impose par tranches la mise aux normes de tous les élévateurs (lire encadré). Une « formalité » que les propriétaires successifs de l'immeuble n'ont pas anticipée.

« Le bâtiment a été racheté début 2009 par la Logirem, explique Marie-Ange Marne, l'une des filles du retraité. Dès cette date, des travaux divers ont été entrepris, tous les corps de métier se sont succédé. Une demande d'autorisation a même été déposée en juillet 2010 pour rénover la façade. Mais personne n'a pensé à la mise en conformité de l'ascenseur ! »

Étonnant ? M. et Mme G., également âgés de 82 ans, locataires au sixième - et dernier - étage, confirment : « Ils ont tout fait... sauf ça. C'est incroyable ! La Logirem gère 28 000 appartements, ne me faites pas croire qu'ils n'étaient pas au courant de cette loi ! »

Raphaël Grau s'interroge : « Nous ne sommes plus que trois dans ce bâtiment. N'est-ce pas une façon de nous pousser à plier bagages ? »

À la mi-février, la Logirem envoie une « proposition de relogement à un étage moins élevé » dans une résidence située rue du Rocher. « A la place de mon T-5, ils me proposaient un deux-pièces, s'indigne Raphaël Grau. Une plaisanterie... »

Le 24 février, le bailleur social évoque « une remise en service prévisionnelle au cours du dernier trimestre de l'année 2011. » Ce qui fait exploser Marie-Ange Marne : « En neuf mois, mon père et ses voisins ont le temps de se tuer cent fois dans l'escalier ! »

« On a pris du retard... »

Emmanuel Morel, directeur de l'antenne des Alpes-Maritimes et du Var de la Logirem, ne cache pas son embarras. « Je connais bien cette affaire, commence-t-il. Cet ascenseur est atypique, avec des freins en bois. C'est plus long que pour un appareil normal. »

Le responsable nie farouchement toute volonté de « faire partir qui que ce soit ». Il précise que « les règles d'attribution interdisent de proposer en relogement un T5 à un homme seul. Si nous le faisions, alors que des familles attendent parfois depuis des mois, voire des années, nous serions dans la plus totale illégalité ! »

Un silence. Puis une concession : « On a pris du retard sur ce dossier. On aurait dû le traiter autrement. L'appel d'offres a été lancé le 4 février dernier. La bonne nouvelle, c'est qu'il a été fructueux. Le 4 mars, la société Paca a été choisie pour réaliser les travaux de mise en conformité de l'ascenseur. »

Le chantier prendra « quelques semaines, quelques mois. »

« Ce que je peux vous dire, conclut Emmanuel Morel, c'est que ce dossier est notre priorité absolue. Et que nous ferons tout pour qu'il aboutisse le plus vite possible ! »

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