Après une chute d’ascenseur, Rachida veut déménager
(déposée le 02/11/2011)
L’accident parisien a ravivé le traumatisme de cette mère de famille, victime avec ses trois enfants d’une chute d’ascenseur le 17 septembre. L’amicale des locataires va déposer plainte.

Elle a beau habiter au neuvième étage, avec ses trois enfants de 6 mois, 4 ans et 5 ans, Rachida Bouazza ne veut plus prendre l’ascenseur. « J’ai eu trop peur, j’en fais encore des cauchemars », explique cette jeune femme qui vit au Bois-du-Temple, à Clichy-sous-Bois, au simple souvenir de ce samedi 17 septembre. Un mois et demi s’est écoulé, mais cette mère de famille n’arrive pas à oublier.
En apprenant qu’une maman et ses deux enfants avaient été hospitalisés après une chute d’ascenseur de 6 étages, à Paris, jeudi, Rachida a revécu ces terribles secondes où elle a craint le pire. Elle témoigne aujourd’hui, pensant ainsi faire réagir pour éviter qu’une tragédie n’ait lieu, ici ou ailleurs.
Ce samedi, il est 14h30 lorsque Rachida, ses enfants et une belle-sœur empruntent le grand ascenseur, au 8e étage, celui qui dessert les étages pairs, l’autre étant trop petit pour mettre la poussette de Redouane. « Il a commencé à descendre normalement puis a rapidement fait une chute dans le vide. On a sursauté, on s’est cognés, la lumière s’est décrochée du plafond, mon fils criait : On va mourir… Quand la cabine a stoppé, les portes se sont ouvertes sur du béton! » L’élévateur était arrêté entre deux étages.
« Le bouton d’urgence ne fonctionnait pas, j’étais paniquée, les enfants hurlaient. Heureusement que le portable captait, on a pu appeler les pompiers, ils ont réussi à nous sortir vers 16 heures, avec la peur que la cabine redémarre au moment où ils sortaient mes enfants… »
Rachida s’en sort avec des douleurs aux cervicales et au ventre. Aucune blessure n’a été constatée mais le choc moral perdure. Depuis, la maman a perdu 3 kg. « Après la chute, les enfants ne voulaient plus dormir tout seuls », rapporte Mohammed, le papa, qui s’est lui aussi retrouvé coincé entre deux étages quatre mois plus tôt avec Karim et Lila, les deux aînés, dans le plus petit ascenseur. Là encore, ils ont été extraits par la cabine entrouverte. Il n’y a que lui qui consente à réutiliser l’élévateur, surtout « pour monter les courses ». Sa femme monte et descend les neuf étages plusieurs fois par jour, matin, midi et soir, en portant la poussette. « J’en ai marre de monter à pied », souffle Karim, 5 ans, qui rentre le midi déjeuner.
Le bailleur Soval comprend l’émotion ressentie par les Bouazza, qui n’ont plus qu’une idée en tête : déménager. « Nous sommes à la recherche d’un appartement au premier ou deuxième étage », assure Marc Sandrini, directeur de la gestion locative. D’après les explications de l’ascensoriste rapportées au bailleur, un morceau de métal dépassait et a heurté un câble provoquant le déclenchement du système de freinage avec le parachute. « Il n’y a pas d’amalgame à faire avec ce qui s’est passé à Paris », insiste-t-il.
Ce sera peut-être à la justice d’apprécier s’il y a eu manquement ou négligence de quelqu’un puisque le président de l’amicale des locataires, Fayçal Bouricha, compte déposer plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.
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