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La mise aux normes, un gros marché pour les ascensoristes
(déposée le 02/02/2011)

4 750 euros par logement

AVEC la loi Robien de 2003 s'est ouverte une vive controverse entre les ascensoristes et les associations de consommateurs, notamment l'UFC-Que choisir et l'Association des responsables de copropriété (ARC) sur la mise en conformité des ascenseurs. A la suite d'accidents mortels, la loi sur la sécurité des ascenseurs existants du 2 juillet 2003 a rendu obligatoire la réalisation de travaux de sécurité, avec une première tranche avant le 31 décembre 2010, deux autres échéances étant programmées en juillet 2013 et 2018.

 

Cette loi a ouvert aux ascensoristes un marché très important : 4 milliards d'euros de travaux obligatoires, voire 7 à 8 milliards avec les rénovations. Selon la Fédération des ascenseurs, la France est dotée du parc le plus ancien d'Europe : sur 450 000 ascenseurs, la moitié a plus de 25 ans.

 

4 750 euros par logement

 

Les associations, qui contestent la nécessité de ces modernisations et le délai trop court, ont réussi à faire repousser de 2008 à 2010 la première échéance. Fin 2010, de 80 % à 85 % des ascenseurs ont été mis aux normes sur cette première tranche, à raison d'un coût moyen de 20 000 euros par appareil. Une somme qui peut déséquilibrer les budgets des copropriétaires, comme le montre l'enquête de l'Association d'information sur le logement menée entre juin 2009 et juin 2010 auprès de 300 copropriétaires qui connaissent des difficultés de paiement de leurs charges. Deux tiers des impayés surviennent après des travaux réalisés dans l'immeuble, ravalement ou modernisation d'ascenseur, cette dernière coûtant 4 750 euros par logement.

 

« Les copropriétaires ne sont pas les seuls retardataires. Nombre de bâtiments publics n'ont pu être mis en sécurité faute de budget. Les conséquences juridiques peuvent être graves en cas d'accident », remarque Jean-Luc Detavernier, le délégué général de la Fédération des ascenseurs, qui juge la loi efficace : « Nous ne déplorons aucun accident d'usager en 2009, et un seul en 2010, qui aurait pu être évité avec un appareil aux normes », dit-il.

 

Autre critique adressée aux professionnels : les pannes à répétition, des interventions tardives et un entretien qui laisse à désirer. Le 31 mai 2010, la mission d'évaluation de la Ville de Paris dressait, dans son rapport du 31 mai 2010, un constat sévère sur l'entretien des 8 000 cabines du parc social parisien, avec dix-sept pannes par an et par ascenseur en moyenne. « 5 % de nos appareils sont immobilisés de façon chronique », disait le porte-parole de Paris Habitat.

 

M. Detavernier, lui, recense sur le parc français « en moyenne trois pannes par an et par ascenseur, 70 % des pannes étant traitées dans la demi-journée. Mais il peut y avoir des difficultés liées aux dégradations, voire au trafic de drogue... » « Seuls 2 % des ascenseurs sont situés dans les quartiers sensibles », tempère-t-il cependant.

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