ThyssenKrupp : le roi allemand de l'acier replonge lourdement dans le rouge
(déposée le 15/01/2012)
une perte nette de 1,8 milliard d'euros

Le groupe bicentenaire a enregistré une perte nette de 1,8 milliard d'euros sur son exercice fiscal clos à fin septembre. De lourdes dépréciations sur son chantier brésilien et sur sa branche acier inoxydable, récemment séparée, ont pénalisé les comptes
C'est la double peine pour ThyssenKrupp. En plus de subir les difficultés conjoncturelles dans l'acier, le conglomérat allemand doit assumer le coût toujours plus important du dérapage de son grand chantier au Brésil. Conséquence : le groupe bicentenaire a annoncé vendredi avoir enregistré une perte nette de 1,8 milliard d'euros sur son exercice fiscal clos à fin septembre. Alors que le résultat opérationnel est en hausse de 42 %, à 1,8 milliard d'euros, la perte nette provient surtout de dépréciations, notamment sur les opérations au Brésil. Le chantier de sa gigantesque usine dans ce pays a non seulement pris du retard, mais aussi coûté quatre fois plus cher que prévu, à cause de démêlés avec son partenaire chinois Citic dans la construction. ThyssenKrupp a aussi été désavantagé par l'appréciation de la monnaie brésilienne.
Charges exceptionnelles
En outre, la séparation de la division d'aciers inoxydables, récemment rebaptisée « Inoxum », a impliqué des charges exceptionnelles, car sa valorisation pourrait être revue à la baisse. Le montant des dépréciations atteint au total 2,9 milliards d'euros. A ces problèmes internes s'ajoutent les difficultés auxquelles font face tous les sidérurgistes européens : une demande en baisse liée à l'attentisme de tous les acteurs économiques, alors que les matières premières, même si leurs prix se sont dégonflés ces derniers mois, restent à un niveau élevé. « Les prix de l'acier ont chuté, les marges sont sous pression et cela va probablement continuer durant les six prochains mois », note Ingo-Martin Schachel, analyste chez Commerzbank, cité par Bloomberg.
Le numéro un mondial ArcelorMittal a lui aussi publié un résultat sur le troisième trimestre inférieur aux attentes et prévenu qu'il serait confronté à « des pressions sur les prix et les volumes » sur les trois derniers mois de l'année. « L'environnement actuel n'est pas facile », a reconnu Heinrich Hiesinger, le patron arrivé à la tête de ThyssenKrupp en début d'année, mais « les dépréciations le prouvent : nous faisons ce qu'il faut [...]. Nous allons poursuivre notre développement de manière décidée ». Hans Fischer, le patron de la branche acier aux Etats-Unis, va quitter ses fonctions, alors qu'il avait été nommé il y a six mois.
Le conglomérat présent dans la sidérurgie, les ascenseurs ou encore l'équipement de sites industriels va poursuivre sa cure d'amaigrissement. Il entend se séparer d'un quart de son chiffre d'affaires. Les équipements automobiles, dont le français Sofedit, ont ainsi été vendus à l'espagnol Gestamp. Les services industriels Xervon viennent d'être achetés par le groupe allemand de recyclage Remondis. Reste à régler la question d'Inoxum, sa division d'acier inoxydable, dont une mise en Bourse est compromise dans l'environnement actuel. Il n'est pas exclu qu'un concurrent se porte acquéreur, mais les analystes parient pour l'instant plutôt sur un mariage entre le français Aperam et le finlandais Outkumpu. Dans ce contexte, ThyssenKrupp s'est refusé à toute prévision chiffrée pour l'année en cours. Il prévient juste que, pour la période d'octobre à décembre, le résultat opérationnel sera sensiblement inférieur à celui de l'an passé.









