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ThyssenKrupp se dote d'un nouveau patron et annonce de solides résultats
(déposée le 24/01/2011)

M. Hiesinger hérite d'un groupe diversifié

Le numéro un allemand de la sidérurgie ThyssenKrupp a annoncé vendredi que son bénéfice d'exploitation au premier trimestre de son exercice 2010/11 était «au même niveau» qu'un an auparavant, à l'occasion d'une assemblée générale qui voit l'arrivée de son nouveau patron. Entre octobre et décembre, le bénéfice d'exploitation Ebit a atteint 277 millions d'euros et le chiffre d'affaires environ 11 milliards d'euros, en hausse de 18% sur un an, selon des résultats préliminaires. Le groupe publiera les chiffres définitifs le 11 février, avec ses résultats détaillés.

 

Les bénéfices trimestriels ont été amputés de quelque 370 millions d'euros à cause des problèmes rencontrés par sa filiale Steel Americas pour le démarrage de hauts fourneaux aux Etats-Unis et au Brésil. «Les coûts de démarrage (de ces sites de production) vont fortement peser sur les comptes» de l'ensemble de l'exercice 2010/2011, a prévenu le patron de la société, Ekkehard Schulz, lors de l'assemblée générale des actionnaires à Bochum (ouest). Il a également évoqué «un haut degré d'incertitude» quant aux coûts des matières premières, notamment du minerai de fer, un composant essentiel de l'acier.

 

ThyssenKrupp est néanmoins «en bonne voie pour réaliser (ses) objectifs annuels», a-t-il affirmé, à savoir un chiffre d'affaires en hausse de 10 à 15% et un Ebit hors exceptionnels autour de 2 milliards d'euros.

 

M. Schulz, qui préside aux destinées du conglomérat industriel depuis la fusion en 1999 de Thyssen et Krupp, deux grands noms de l'industrie allemande, cède la place vendredi à la tête de l'entreprise à Heinrich Hiesinger, un ancien de chez Siemens. M. Hiesinger hérite d'un groupe diversifié, qui fabrique outre de l'acier, des sous-marins, des ascenseurs et des composants pour l'industrie automobile, emploie plus de 177.000 personnes et a dégagé l'an dernier un chiffre d'affaires de plus de 42 milliards d'euros. Le nouveau maître à bord, étranger au secteur de l'acier, a déjà laissé entendre que cette activité resterait un pilier fort du groupe.

 

Le grand défi de ThyssenKrupp, qui s'est restructuré à tours de bras depuis la fusion, est dans l'immédiat de réduire sa dette de 3,8 milliards d'euros. «La priorité pour nous est de maintenir ou retrouver les meilleures notations (de notre dette) auprès des principales agences de notation», a déclaré lors de l'assemblée générale le président du conseil de surveillance, Gerhard Cromme.

ThyssenKrupp s'est fortement endetté pour investir dans ses nouvelles capacités de production, pile à un moment où, sur fond de crise économique mondiale, le marché de l'acier s'est écroulé. Son usine au Brésil lui cause du souci, se retrouvant sous le feu des critiques sur place pour ses émissions de particules. «Nous respectons toutes les normes environnementales en vigueur», a assuré M. Schulz. «Nous n'avons pas assez informé les riverains des nuisances liées à la mise en route de l'usine, et je m'en excuse», a-t-il ajouté. Le site brésilien a été mis en service en juillet dernier, non loin de Rio de Janeiro.

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