Une handicapée, bloquée en haut d'un escalier d'une dizaine de marches, depuis 49 jours
(déposée le 27/10/2010)
En haut d’un escalier d’une dizaine de marches, Lisette Persillet qui vit en fauteuil roulant, regarde désespérément la rue qui lui est inaccessible

Depuis que l’ascenseur de son immeuble est en panne, elle est prisonnière de son domicile situé à l’entresol (faux rez-de-chaussée). Privée de liberté, condamnée à faire appel aux uns et aux autres pour être ravitaillée, empêchée de réaliser son suivi médical, impuissante, elle est bloquée là depuis 49 jours.
La résidence Le Barthe, de la rue Paul Painlevé a pourtant belle allure. Pimpante, livrée début 2009, elle est équipée d’un ascenseur qui dessert le hall d’entrée et le garage, deux secteurs stratégiques pour Lisette qui remise son fauteuil roulant électrique derrière les grilles de la rue et sa voiture au sous-sol. Mais sans cet ascenseur, sa vie n’a plus de sens. « Trouver un logement n’est pas facile pour une personne handicapée. Cette résidence était neuve, je ne me suis pas méfiée quand le commercial de l’agence immobilière m’en a vanté les mérites dont l’accessibilité au logement ». Mal lui en a pris.
Depuis le mois de mars dernier, les pannes se succèdent, dont la dernière et la plus importante dure, et dure encore, sans que ses lettres recommandées, ses appels au syndic soient suivis d’effets. Car il s’est rapidement avéré que ce bel immeuble souffre d’un défaut de construction : l’eau de pluie s’accumule dans le hall puis s’écoule dans la machinerie de l’ascenseur. La copropriété n’a d’autres solutions que d’enclencher une longue procédure dommage ouvrage. En attendant, des travaux conservatoires devraient être engagés et l’ascenseur devrait être réparé. Lisette appellent de tous ses vœux ce retour à la normale, car sa situation actuelle lui est très pénible. « Quémander tout le temps, c’est très humiliant ! » témoigne cette handicapée.
D’autant que lorsque l’ascenseur est tombé en panne, le petit mot qu’elle a collé sur la porte d’entrée « merci de me contacter si vous allez faire des courses » n’a pas provoqué de réactions solidaires.
L’APF (association des paralysés de France) où Lisette est bénévole, les élus Alain Clary, Christian Bastid, Christiane Gras, et le conseiller régional chargé du handicap, Jean-Paul Boré, se sont inquiétés de son sort et ont contacté les gestionnaires de l’immeuble, afin qu’elle puisse obtenir des conditions normales de logement au regard de la loi du 11 février 2005 dont le but est de rendre accessible les lieux où vivent des personnes en situation de handicap.
« Dans ma situation, certains n’hésiteraient pas à appeler les pompiers. Moi je m’y refuse. Je ne suis pas en danger. » Jusqu’au moment ou un problème de santé ou accidentel révélera le piège.









