Si simplifier l’accès aux étages a le double avantage de faciliter la vie des habitants et de valoriser le bien, le prix d'un ascenseur peut être conséquent. Les critères à prendre en compte pour faire le bon choix.

Étage élevé, terrasse, vue, calme… "Si c’est avec ascenseur, les clients sont immédiatement séduits. S’ils doivent emprunter l’escalier, ils se focalisent sur l’effort à faire", observe Nicolas Philipp, directeur de l’agence Ergon, à Marseille. Et d’ajouter que "même avec un écart de prix de 30%, le délai de vente peut alors passer de quelques jours à plusieurs mois". Ainsi, outre les avantages indéniables pour les personnes âgées, celles en situation de handicap ou simplement pour des familles avec enfants, équiper une copropriété ne fait que bonifier chaque logement.

Sans compter que l’achat et l’installation d’un ascenseur peuvent être rentabilisés jusqu’à cinq fois à la revente, selon la surface et l’étage du bien, mais aussi selon la valeur de l’immobilier dans la ville. Bien sûr, il faut tenir compte des frais de maintenance et de nettoyage… Mais ceux-ci s’élèvent à peine à 180 euros par an et par logement en moyenne, selon l’observatoire de l’ARC (Association des responsables de copropriété).

Des prix de 25.000 à 300.000 euros selon le modèle et l'immeuble

Le coût d’un ascenseur dans un immeuble d’habitation dépend en premier lieu du nombre de niveaux à desservir, mais aussi de sa capacité de charge. Considérez que pour transporter six personnes et 450 kilos sur sept niveaux, un ascenseur coûte entre 25.000 et 35.000 euros et, pour dix personnes et 1.000 kilos dans un immeuble neuf, entre 40.000 et 55.000 euros.

Lorsqu’il faut l’installer dans un immeuble ancien, il y a en plus des travaux préalables à sa mise en œuvre (menuiserie, maçonnerie, peinture et électricité). En effet, il faut soit rénover la cage d’escalier, dans le vide intérieur, et si cette solution est impossible, construire un pylône extérieur. "Dans le premier cas, le coût moyen oscille entre 100.000 et 150.000 euros, dans le deuxième entre 200.000 et 300.000 euros", précise Valérie Hascoët Garabédian, présidente de la société Irea, ascensoriste spécialisé dans ces installations sur mesure.

Esthétisme et technologie ont un coût

L’esthétisme va aussi peser sur la facture finale : choix des matériaux – du bois stratifié au verre en passant par le sol marbré ou non –, qualité des boutons, voire affichage digital. Le tout faisant varier le prix de l’habillage de 2.500 à 7.500 euros. Reste les options, notamment la variation de fréquence. Cette technologie électronique permet de réduire la consommation d’énergie d’environ 65% (selon la Fédération des ascenseurs) et peut être ajoutée (comptez de 5.000 à 7.000 euros) à l’armoire de commande, même dans le cas d’un ascenseur ancien.

Certains choix techniques sont déterminés par la taille de l’immeuble plus que par les désirs de ses habitants, même s’ils jouent tout de même sur le confort. Ainsi la traction électrique prend beaucoup de place, mais crée des mouvements plus doux. Les appareils hydrauliques permettent de bénéficier d’une cabine plus grande (quatre personnes au lieu de trois, à cage d’escalier égale), mais sont limités à quatre niveaux. De même, la vitesse peut différer selon le nombre d’étages… "Nous pouvons ainsi préconiser du 1,20 mètre par seconde à partir de sept niveaux", explique Nathalie Lecacheux, gérante de Sietram.

Soyez attentif au contrat de maintenance

Côté charges, "les contrats de maintenance sont normalisés depuis mai 2012 et offrent tout neuf contrôles visuels et deux contrôles plus poussés par an, le dépannage, le déblocage des personnes et une garantie de dix ans pour l’électronique, vingt ans pour l’électromécanique et trente ans pour les pièces du moteur", explique Michel Ballon, directeur du syndic bordelais Foch Immobilier. La version initiale de ce contrat est facturée entre 1.400 et 1.600 euros par an. Une option souvent choisie, de 150 à 400 euros, propose une intervention en une heure les heures ouvrées, et entre quatre et six heures le reste du temps. La maintenance du téléphone peut être assurée pour 150 euros (sinon il faut vous débrouiller avec votre opérateur téléphonique).

Si le coût du nettoyage de l’intérieur de la cabine est négligeable, celui de la consommation d’électricité oscille entre 600 et 700 euros par an pour un immeuble classique de cinq à sept niveaux. Mais un contrat peut toujours être renégocié. C’est ce qu’a fait Cédric Bienvenu, responsable de l’agence Immo Concept, à Saintes, en récupérant la gestion d’une copropriété dont les abonnements n’avaient pas été revus depuis 1990 : "La maintenance de l’ascenseur était payée 2.100 euros par an… Nous avons ramené ce chiffre à 1.370 euros, pour l’instant, et il passera à 1.100 euros à partir de juin 2018."

En courette

Coût : entre 100.000 et 140.000 euros.
Capacité : 3 personnes, 225 kilos.
Avec cabine extérieure et arrivée sur chaque palier par les fenêtres de l’escalier ! Une gaine vitrée laisse passer la lumière dans les parties communes. Solution adoptée en cas de cage d’escalier trop petite.

Classique dans le neuf

Coût : entre entre 27.000 et 37.000 euros.
Capacité : 6 personnes, 630 kilos, sur 4 niveaux.
Avec l’intérieur de la cabine en stratifié pour concilier esthétique et coût. La technologie "gearless" (sans machinerie) implique une consommation réduite et un faible encombrement.

Panoramique haut de gamme

Coût : entre 210.000 et 250.000 euros.
Nettoyage supplémentaire : entre 600 et 1.000 euros par an.
Capacité : 10 personnes, 800 kilos.
Avec cabine vitrée en verre. Pour immeubles cossus, avec des parties communes assez larges et assez belles pour être montrées.

Simple mais sur mesure

Coût : entre 100.000 et 150.000 euros.
Capacité : 2 personnes, 180 kilos.
Avec des travaux définis au cas par cas. Ainsi, dans un immeuble datant de plus d’un siècle, il faut souvent retailler la cage d’escalier, en coupant par exemple les marches.

Source: http://www.capital.fr/