Une légende dit qu’il y a au moins un ascenseur Drieux-Combaluzier dans chaque rue de Paris. « On avait fait un compte et cela correspondait », confirme le directeur général Emmanuel Paris.

Cette société basée aux Lilas fête cette année ses 70 printemps. Une longévité qui lui confère le titre de roi des ascenseurs parisiens tant Drieux-Combaluzier, filiale du géant ThyssenKrupp, est implanté dans la capitale. Les techniciens y entretiennent au moins 8 500 appareils, en très grande majorité dans le bâti ancien. « Nous avons aussi beaucoup de copropriétés ou syndic qui ont des immeubles en banlieue et font appel à nous », précise le directeur. Il chiffre à environ 20 % son activité ailleurs en Ile-de-France.

En 1947, M. et Mme Robert Drieux fondent l’entreprise du même nom et Jean Combaluzier fait de même un an plus tard. Rapidement, les deux sociétés se trouvent un créneau porteur : « Installer des ascenseurs sur mesure dans de vieux bâtiments haussmanniens. Cela veut dire savoir découper des escaliers et donc savoir travailler avec tous les corps de métiers », poursuit Emmanuel Paris. Dans les années 1960, une centaine de machines sont installées chaque année.

Les deux entreprises fusionnent en 1998 et, en septembre 2004, vient le décret relatif à la mise en sécurité des ascenseurs existants (loi SAE). Un âge d’or pour les ascensoristes ! « On a eu beaucoup de travail pour mettre tout le parc aux normes. Beaucoup d’entreprises se sont créées à cette époque, elles ont fait baisser les prix. Nous, on a voulu rester sur la qualité », détaille Patrice Huet, le chef d’atelier. Et d’assurer que Drieux-Combaluzier est le seul à avoir encore des ateliers menuiserie et serrurerie en région parisienne. « Les immeubles neufs, ce n’est pas notre truc, tout le monde en fait. » La société a d’ailleurs récemment candidaté pour être labellisée « entreprise du patrimoine vivant », sans retour pour l’instant.

Désormais, il y a de moins en moins d’ascenseurs à installer. Mais cela n’empêche pas l’entreprise de bien se porter. En plus de l’entretien de ses cabines existantes, Drieux-Combaluzier continue de poser des ascenseurs haut de gamme dans des lieux qui ne le sont pas moins. Dans son atelier, Patrice Huet pointe du doigt une cabine en cours de montage : « C’est un projet pour un hôtel, ambiance Art déco. Le client va venir choisir son bois, sa couleur, il veut aussi installer des tapisseries sur les parois, détaille-t-il. Avec des designers, nous essayons de faire des choses qui sortent de l’ordinaire. »

Du sur-mesure qui plaît « dans les beaux quartiers parisiens » : « On gère le patrimoine immobilier de grandes familles françaises, on a accès à des hôtels particuliers », vante Emmanuel Paris sans vouloir en dire plus.

Parmi les autres pistes de développement, Drieux-Combaluzier s’est lancé dans la surélévation d’immeubles : « Soit on installe un nouvel ascenseur, soit on étend l’existant. Cela fait deux ans, on commence juste à voir des projets aboutir », poursuit le directeur général. Le début d’une nouvelle ère après 70 ans d’une histoire riche, bientôt racontée dans un livre. Elle s’écrira aux Lilas puisque l’entreprise regroupe cette année toutes ses activités dans la commune.

En savoir plus sur www.drieux-combaluzier.com.