Otis France

En accompagnant le développement foudroyant de la société américaine et de ses buildings gigantesques, Otis a su prendre une avance technique et commerciale non-négligeable.
En ce début de siècle, cela ressemble à un Microsoft avant la lettre.

En 1913, Otis Elevator s’implante en France en achetant Abel Pifre. Trois Sociétés lui font face : Edoux-Samain, Baudet-Donon-Roussel et Roux-Combaluzier.

En 1960, Edoux et Baudet-Donon-Roussel fusionnent pour créer Ascinter.

En 1964, Otis Elevator absorbe Ascinter et conforte sa place de leader. Roux-Combaluzier passe de la 3ème à la 2ème place en France.

 

Le marché Français Roux-Combaluzier : les débuts

Félix Roux & Jean Combaluzier se connaissent depuis les bancs de l’école des Arts & Métiers d’Aix en Provence d’où ils sont sortis en 1876. Après un bref passage au PLM et dans une entreprise de construction, ils s’associent pour fonder, à 24 ans, la « Maison » Roux-Combaluzier.

En 1892, premier ascenseur électrique.


Nos deux gadz’arts se répartissent les rôles. Roux est un vendeur né, son compère un inventeur génial. Pour la gestion, ils débauche chez Félix Potin un autre ancien d’Aix, Paul Guinet. Ils en font leur associé.
L’entreprise est sur la rampe de lancement, brevets et inventions vont alors s’accumuler.

À l’Exposition Universelle de 1900, ils remportent le seul Grand prix accordé à l’industrie française en déposant le brevet de la manoeuvre électrique dite « à blocage ».

 

Roux-Combaluzier : la renaissance

En 1901, le destin frappe, Combaluzier meurt tué par une manivelle de treuil. L’année suivante, Roux qui a des ennuis de santé et très affecté par la mort de son ami, prend sa retraite à l’âge de 40 ans.

La Société se reconstitue en 1905 sous l’appellation «Ascenseurs Roux- Combaluzier - établissements Vernes-Guinet-Sigros». En effet, deux financiers se joignent à Paul Guinet, Arthur Sigros et Amédée Vernes. Au-delà des capitaux, ces derniers apportent des relations dans le monde des assurances et des grandes industries permettant à l’entreprise de reprendre son essor.

 

Roux-Combaluzier : l’expansion

En 1885, les premiers ascenseurs électriques sont installés à Gare du Nord, à Paris.

En 1929, Roux-Combaluzier installe le premier ascenseur à courant continu et à grande vitesse (2,10 m/s), dans l’Arc de Triomphe à Paris.

En 1934, Roux-Combaluzier crée l’ascenseur géant du Rocher de Constantine. Une course de 153 mètres à une vitesse de 3,25 m/s.

En 1936, installation d’une des premières batteries quadruplex au siège de l’EDF.

La quasi-totalité des ascenseurs à grande vitesse est installée dans le métro (dont 2 ascenseurs de 3 tonnes à 3 m/s en 1958).

L’entreprise a eu trois adresses.
De 1885, jusqu’au départ des fondateurs : 27, avenue Mac-Mahon, 75017 PARIS.
De 1912, jusqu’à 1970, ils se situent dans les établissements de la rue Tiphaine. Pendant cette période, 3 générations de Vernes se sont succédées à sa tête.
En 1970, déménagement à Vélizy, c’est la période Schindler.

 

Les brevets déposés par Roux-Combaluzier

La société survit au départ de ses fondateurs en perpétuant sa prédominance technologique.

En 1928, brevet du parachute par système de pince élastique à prise amortie.

En 1947, présentation du système d’asservissement « Magnatrol », permettant d’optimiser avec souplesse la vitesse, l’accélération et le freinage.

En 1955, armoires de régulation pour batteries d’ascenseurs avec optimisation du trafic.

En 1961, premier ascenseur au monde avec commande entièrement transistorisée.

 

La naissance en France de Roux-Combaluzier-Schindler

En 1969, Jean-Marc Vernes, de la Banque du même nom est PDG de Roux-Combaluzier. Il constate qu’à l’échelle mondiale ou Européenne, cette entreprise est trop petite pour rivaliser avec les plus grands. Après avoir été l’objet de propositions de mariage de tous ses concurrents, dont l’incontournable Otis, il finit par vendre sa société à Schindler, deuxième mondial et premier Européen.

Le 10 décembre 1969, les 5 sociétés françaises de Schindler et Roux-Combaluzier fusionnent pour devenir RCS.

 

Schindler en Suisse

L’entreprise est fondée en 1874, à Lucerne par Robert Schindler et Eduard Villiger. Ils débutent avec un atelier de machines agricoles, puis un atelier de machines-outils et de moteurs de bateaux.
A cette époque, la semaine de travail est de 63 heures de travail par semaine.


Robert Schindler


Eduard Villiger

 

En 1883, l’entreprise Schindler et Villiger déménage dans de nouveaux locaux de 300 m2.
La production est alors constituée d’équipements de buanderie et des premiers ascenseurs hydrauliques.

En 1892, Eduard Villiger quitte le partenariat et la société continue sous le nom de Robert Schindler Machinery Manufacturer.

À la fin du XIXème siècle, le domaine de la construction hôtelière explose à Lucerne et en Suisse centrale. Naturellement, cela entraîne une hausse de la demande d’ascenseurs.

En 1899, première construction d‘un ascenseur utilisant un treuil à vis sans fin et un entraînement par un moteur électrique.

En 1901, Robert Schindler vend la société à son neveu qui continue de l'exploiter en tant que propriétaire unique, mais sous le nouveau nom de Alfred Schindler.


Alfred Schindler

De 1890 à 1903, Robert Schindler construit exclusivement des appareils hydrauliques. Ensuite, contrairement à ses confrères européens, il va équiper ses ascenseurs de moteurs électriques.

En 1920, Robert Schindler décède. Le partenaire allemand de l'entreprise Schindler Fritz Geilfuss meurt également dans un accident. C’est à ce moment que Adolf Sigg rejoint la société.

En 1902, Schindler construit le premier système de commande à boutons. Celui-ci remplace la commande par rhéostat, nécessitant un liftier.

En 1906, c’est le début de l’expansion, il installe une fabrique à Berlin Schindler & Cie.o.H.G. et fait construire une usine en France « Le lift S. r. l. », en 1923.

En 1910, le premier ascenseur électrique mono vitesse est livré par Schindler à un client.


En 1925, le logo « Schindler 1874 » est lancé.


En 1926, montage du premier ascenseur à 1,50 m/s avec traction directe et commande Ward-Leonard.

En 1928, la livraison des premiers ascenseurs Schindler à commande groupée, au Prédio Martinelli à São Paulo.

En 1939, pour la “Swiss National Exhibition” à Zurich, ils installent le premier ascenseur à entraînement Ward Leonard. Celui-ci se déplace à une vitesse maximale de 4,2 m/s.

En 1945, Schindler lance le « Dynator » avec entraînement Ward Leonard.

En 1954, c’est le début de la construction de l’usine à Ebikon (banlieue de Lucerne) qui sera achevée en 1957.
Durant la même année, l’entreprise « Gervais-Schindler » voit le joir, à Lyon.

En 1955, lancement de la gestion des cabines d’ascenseurs avec la manœuvre « Supermatic ».

En 1956, premier ascenseur à entraînement contrôlé électroniquement.

En 1965, lancement de l'entraînement « Dynatron ».

En 1974, première commande d’ascenseur électronique.

En 1985, livraison des premiers ascenseurs double pont pour le Scotia Plaza de 68 étages, à Toronto (275 m).

En 1996, lancement de la première commande d’appel à enregistrement à partir du palier (plus de boîte à boutons cabine) « Miconic 10 ».

En 1998, lancement du premier ascenseur sans local des machines « Schindler smart MRL 001 ».

En 2002, premier ascenseur hautes performances Schindler 7000, qui peut atteindre une vitesse maximale de 10 m/s.

En 2011, lancement de la manœuvre « PORT Technologie » avec contrôle d’accès.

 

Il ne nous reste plus qu'à aborder les 2 derniers géants de la profession pour cloturer cette histoire de l'ascenseur, écrite avec passion par Michel CHALAUX.

L'Équipe Ascenseurs Online, en partenariat avec Michel CHALAUX.